- synonymes latins :
Fomitoporia robusta (P. Karst.) Fiasson & Niemela
Champignon bien souvent totalement noduleux dans son jeune âge et pouvant le rester relativement longtemps, de sorte qu'à part quelques déformations à peine visibles de l'écorce, il peut rester ainsi, discret, quelque temps sans attirer l'attention. C'est une forme qu'il prend aussi volontiers sur de grosses branches horizontales ou à terre et parfois dans cette position, du champignon, n'apparaîtra que la partie fertile.
On le dit résupiné, sorte de croûte épousant et suivant la forme du tronc. La photo 4 montre ce type de pousse, sur une grosse branche de chêne à terre, on peut en deviner par ailleurs le nombre des carpophores sous-jacents, anastomosés en cette croûte peu épaisse aux pores minuscules. Cette photo prise le 18/01/2002 montre une activité en éveil du champignon, donnant des signes encore plus évidents 3 mois plus tard (photo 5) par la formation de vraies consoles, 2 pour le moment, une troisième certainement devrait suivre! ... mais ...vraiment dommage que cette grosse bille de chêne ai été tronçonnée et retirée, marquant ainsi un coup définitif à cette expérience...
La photo 6 de cette même bille de bois, grosse branche tombée d'un vieux chêne d'une taille plus que respectable, présente une pousse du champignon épousant l'embranchement vers une autre branche fantôme dont on n'aperçoit plus que le coeur. Cette grosse branche à terre depuis pas mal d'années démontre bien que l'activité de Phellinus ne se borne pas aux arbres vivants ou dépérissants, mais peut parfaitement démarrer une pousse sur bois mort.
Sinon, dans ses formes les plus classiques, Phellinus robustus se présente plutôt massif et puissant, en forme de sabots, bombé sur ses deux faces, bossu en arrière du chapeau et marqué de 2 à 3(4) sillons concentriques, départ de gros et larges bourrelets (photo 3, 10/2002).
La marge, au départ de l'activité du champignon, généralement au tout début du printemps, prend une coloration vive jaune-ochracé à orangée. Elle est épaisse, obtuse, et suit le dernier bourrelet. Plus tard elle devient concolore puis grisonnante. Cela ne marque pas la mort du champignon, il entre juste en une nouvelle période de repos. Il est pérenne comme tous les autres membres du groupe, vit et se développe très lentement au crochet de son hôte pendant de très nombreuses années, généralement jusqu'à la mort et et la chute de l'arbre.
Phellinus robustus, le Phellin robuste est parfois aussi nommé Phellin du chêne, c'est en effet le chêne son hôte presque exclusif, mais on pourra tout de même, dans certains cas rares, le trouver tout au long de l'année sur d'autres essences de bois durs comme le châtaignier, le hêtre, le marronnier, l'aubépine ou le charme.
Le genre Phellinus regroupe des champignons ayant tous pour caractères communs :
- saprophytes et parasites pluriannuels provoquant une pourriture blanche,
- hyménium poré (partie fertile) en couches successives avec ou sans chair entres elles,
- un chapeau en console ou résupiné, sessile sans croûte distincte,
- une chair dure, ligneuse, dimitique, brun roux à roux, y compris les tubes,
- une sporée blanchâtre, non amyloïde, légèrement dextrinoïde,
- une spore arrondie à elliptique, lisse, sans pore germinatif.
Bien sûr, ce ne sont que quelques caractères généraux, et au sein de cette famille, bien des difficultés à les séparer tous. Une même espèce peut, en fonction des qualités de son substrat ou tout simplement la position du support (horizontale, verticale ou oblique), donner de nombreuses variations de formes mais aussi de tonalités. Si complexe, qu' il n'y a encore que quelques décennies, Phellinus hartigii était considéré comme une des nombreuses variations de P. robustus. Quelques différences les séparent cependant, et, actuellement, on admet que cette variété reste affine aux sapins, exceptionnellement aux antres conifères.
Quelques autres Phellinus peuvent être séparés en fonction de leurs hôtes, pour les plus connus :
- Phellinus robustus f. hippophae Donk. ; Phellinus hippophaecola H. Jahn
Sur bois mort d'argousier (Hippophae rhamnoïdes)
- Phellinus tremula (Bond.)Bond. & Borisov
uniquement sur peuplier tremble, au Nord de l'Europe.
- Phellinus ribis (Schum. : Fr.) Karst ; Phylloporia ribis (Schum. : Fr.) Ryv. ;
Xanthochrous ribis (Schum.) Pat.
Généralement aux pieds des groseilliers et fusains.
- Phellinus nigricans (Fr.) P. Karst. ;
Fomes nigricans Fr.
Sur bouleaux, rarement sur d'autres feuillus.
- Phellinus pini (Brot. : Fr.) L. M. Ames ; Xanthochrous pini (Brot.) Pat.
Sur pins vivants près des blessures, trous et branches cassées.
- Phellinus vorax (Harkness) Cerny et Phellinus chrysoloma (Fr.) Donk.)
Sur épicéas de montagne.
- Phellinus viticola (Schw. : Fr.) Donk. ; Phellinus isabellinus (Fr.) Bourd. & Galz. ; Fomes tenuis Karst.
Sur vignes et en montagne sur épicéas.
- Phellinus tuberculosus (Baumg.) Niemelä ; Phellinus pomaceus (Pers.) Maire ;
Polyporus fulvus Scop. : Fr.)
Surtout sur Prunus, plus rarement sur les autres arbres fruitiers : pommiers, poiriers ..
30/03/07