Petit champignon ne dépassant guère les 5 cm de diamètre, il saura pourtant se faire visible, dans l'herbe des prairies et autres pelouses, par une couleur très souvent blanc pur contrastant nettement avec son environnement.
Il n'est pas très charnu, d'abord convexe puis retroussé avec l'âge, présente une marge fine, légèrement striée, en toust cas striée par transparence à la marge tant la chair est fine, un pied court, grêle et atténué à la base. Les lames très espacées et nettement décurrentes.
Partout et très commun à partir de la fin de l'été et jusque très tard en saison (décembre et même janvier, voir photo 4, la même en 1024 x 768), visible le plus souvent en groupes sur prairies plus ou moins moussues, pelouses, parcs, places herbues des bois aérés, bords des chemins ...
Bien dommage qu'il soit aussi peu charnu car il est considéré comme comestible délicat, à peine en retrait derrière Hygrophorus penarius : l'Hygrophore comestible, bien plus robuste et charnu, malheureusement assez rare sous bois mêlés de chênes et de hêtres.
Attention aux confusions avec les très toxiques Clitocybes blancs comme Clitocybe dealbata qui pent partager les mêmes prairies mais dont les lames sont peu décurrentes mais bien plus serrées et présente une odeur assez complexe, farineuse. Un tableau pour en rappeler les caractères distinctifs des deux sosies :
| |
|
Cuphophyllus virgineus |
|
Clitocybe dealbata |
|
|
|
|
|
| chapeau |
|
peu ou légèrement visqueux |
|
sec, d'aspect givré |
| lames |
|
espacées et décurrentes |
|
peu décurrentes et serrées |
| pied |
|
fibrilleux |
|
fibrilleux-soyeux |
| odeur |
|
peu marquée ou herbacée |
|
complexe de farine |
| habitat |
|
prairies, parcs... |
|
prairies, clairières, buissons |
| qualités |
|
bon comestible |
|
très toxique |
| |
|
|
|
|
Une autre confusion, mais de très courte durée, avec Cuphophyllus russocoriacea l' Hygrophore à odeur de cuir de Russie, très semblable par ses formes et proportions, légèrement plus sale de couleur, mais une odeur si forte et si particulière que le coupable se fait vite démasquer dans un panier d'Hygrophores blancs. Peu importe, il n'est pas toxique, mais sa saveur tenace en bouche fait de lui qu'il faudra l' écarter du panier à croquer.
- espèces proches:
Bien des difficultés à tenter de dépatouiller tous ces petits Hygrophores de la section Nivei (ou encore Virginei) sur le terrain, déjà qu'au laboratoire les caractères microscopiques ne sont pas toujours constants, il en a été décrites de nombreuses espèces et sous espèces embrouillées de nombreuses synonymies. On peut en retenir les principaux caractères qui définissent cette section :
- praticoles
- chapeau blanc à pâle (pour la Ss-section Niveini)
-
revêtement lubrifié, hygrophane, marge plus ou moins striée,
- lames et stipe blancs,
parmi lesquels :
Cuphophyllus virgineus f. roseipes (Massee) M. Bon
Base du stipe rose. Tout aussi commun que C. virgineus et bien souvent en mélange sur les mêmes stations.
Mais plus que la base du pied teinté de rose, certains C. virgineus se parent de touches, plus que nettes, de rosé, bien plus soutenu que comme décrites bien timidement par certains auteurs comme : "lavé de rose". Cette coloration du tissu peut, à mon avis, "migrer" au centre du champignon en une cocarde nette lorsque le champignon, dans l'âge, se retrousse, entraînant par gravité ces pigments rosés dûs sans doute à une bactérie qui parasite ce type de champignon (nettement visible sur photo 9).
Cuphophyllus niveus (Scop. : Fr.) M. Bon, Hygrocybe nivea (Fr.) Murill semble n'être pour beaucoup qu’une forme grêle et de petite taille d' Hygrocybe virginea, ne dépassant pas les 3 cm. de diam. (photo 7 )
Hygrocybe virginea var. fuscescens (Bres.) Arnolds) ; Cuphophyllus fuscescens (Bresadola) M. Bon : un Hygrocybe virginea brun ocracé pâle plus sombre au centre, encore une variété facilement confondue avec un vieil Cuphophyllus virginea ayant perdu sa blanche jeunesse.
Cuphophyllus berkeleyi (P.D. Orton & Watling) M. Bon ; Hygrocybe pratensis var. pallida (Cooke) Arnolds) ;
Un Cuphophyllus virginea en plus charnu pour certains, un Cuphophyllus pratensis moins charnu et de couleur pâle, ivoire, corne pour d'autres ... Peut être tout de même départagé en laissant sécher les exemplaires => virginea reste clair alors que berkeleyi bruni en séchant.
Cuphophyllus virgineus var. ochraceopallidus (P.D. Orton) M. Bon ;
Identique à C. berkeleyi en moins charnu avec lequel il est souvent synonymisé.
- synonymes latins :
Cuphophyllus virgineus (Wülfen : Fr.) Kovalenko
Hygrophorus virgineus (Wulf. ex Fr.) Fr.
Hygrocybe virginea (Wulf.: Fr.) Kumm.
Camarophyllus niveus (Scop. ex Fr.) Wünsche
Cuphophyllus borealis (Peck) M. Bon pp.
Camarophyllus virgineus (Wülf. : Fr.) Kummer
Cuphophyllus subradiatus (Schum.) M. Bon pp.
Hygrocybe virginea (Wulfen : Fr.) P.D. Orton & Watling
Cuphophyllus niveus (Fr.) Bon. Syn.
Hygrocybe nivea (Scop.) Fr.
- quelques autres noms vernaculaires français :
Hygrophore blanc de neige ; Bouton de guêtre ;
- et dans quelques autres langues :
(DE) : allemand : Jungfern-Ellerling ; Schneeweisser Ellerling ;
(UK) : anglais : Snowy Waxcap ;
(DK) : danois : Snehvid Vokshat ; Isabella-vokshat ;
(FI) : finnois : Neidonvahakas ;
(HU) : hongrois : Fehér nedűgomba ;
(NL) : néerlandais : Sneeuwzwammetje ; Gewoon Sneeuwzwammetje
(NO) : norvégiens : Krittvokssopp ;
(PL) : polonais : Wilgotnica śnieżna ;
(CZ) : tchèque : Šťavnatka sněžná ;
(RU) : russe : гигрофор белоснежный ;
(SE) : suedois : Vitvaxing ;
(SI) : slovène : Obledela vlažnica ; Snežna tratnica ; Deviška tratnica ;
(SK) : slovaque : Lúčnica snehobiela ;
23/12/2007