De taille bien souvent imposante pour un poids tout aussi impressionnant, on trouve ce champignon sur souches ou au pied des résineux bien vivants, surtout des pins, d' août / septembre à novembre, et fidèle à ses stations, ce Sparassis revient généralement chaque année, pour peu que l'on respecte sa base.
Bien souvent, la littérature le compare à un chou-fleur. Jeune, son apparence fait plus penser à une éponge aux larges alvéoles et plus tard, à une grosse boule de rubans entremêlés. Par contre, à la coupe, par la puissance de son pied en forme de tronc se divisant en de multiples ramifications, on pourrait effectivement le comparer à un chou-fleur.
C'est au nombre de ses surnoms populaires que l'on pourrait mesurer les qualités gustatives d'un champignon et, à l'énoncé de tous les siens, sparassis crépu - clavaire crépue - crête de coq - chou-fleur - morille des pins - morille d'automne, on imagine bien notre Sparassis comme un comestible de bonne qualité. Et c'est le cas, il arrive même que sur certains marchés on puisse le retrouver sous le nom, quand même un peu exagéré, de morille. C'est vrai qu'il en a un peu la texture croquante, mais son parfum n'a rien à voir avec la belle printanière.
Peu importe, il est très intéressant, pour peu qu'il soit récolté jeune (comme finalement tous les autres champignons) : Il doit être bien développé, ferme, blanc crème à rosé, unicolore sur l'ensemble du champignon ; A rejeter ou plutôt à respecter et laisser en place dès que les extrémités de ses circonvolutions brunissent. Il se ramollit, devient amère et sans doute, peu digeste.
C'est un champignon d'autant plus populaire qu'il est vraiment impossible à confondre avec un quelconque toxique tant sa forme est particulière. Eventuellement avec Sparassis Laminosa, généralement aux pieds des feuillus, plutôt rare et de qualité identique à notre Sparassis.
Si vous avez la chance comme moi de trouver cette magnifique clavaire (en forêt de Rosheim -Bas Rhin- aux pied d'un pin le 20/10/2001) je vous suggère une petite recette bien sympathique, pleine de variantes possibles et très simple à réaliser :
=> morille des pins aux pâtes sur son pavé de saumon *
Quand à son nettoyage, ce champignon ne craint pas l'eau, et au contraire, pour en dénicher tous ses occupants souvent bien nombreux, cachés dans tous les interstices, un petit trempage à l'eau vinaigrée puis un blanchiment ira très bien.
=> nettoyer les champignons
18/12/2002
- synonymes latins :
Sparassis radicata Weir.
- quelques autres noms vernaculaires français :
Morille des pins
Chou-fleur
Crête de coq
- et dans quelques autres langues :
(DE) : allemand : Krause Glucke
(UK) : anglais : Wood Cauliflower ; Cauliflower mushroom
(DK) : danois : Blomkålsvamp
(ES) : espagnol : Seta coliflor
(FI) : finlandais : Kurttusieni
(NO) : norvégiens : Blomkålsopp
(PL) : polonais :
Szmaciak gałęzisty
(SE) : suedois : Blomkålssvamp
(SI) : slovene : Kučierka veľká
(CZ) : tchèque : Kotrč kadeřavý
Les photos :
Photo 1 : Sparassis crispa de plus de 30 cm de diamètre au pied d'un pin 20/10/2001.
Les photos 2 à 8 montrent l'évolution d'une poussée d'un Sparassis crispa directement au pied d'un pin de plus de 80 cm de diamètre. Chaque année, il y revient très régulièrement, et ce n'est pas le seul, ce pin héberge un autre Sparassis à l'opposée du tronc à environ 50 cm de la base du tronc.
Sur la photo 2, 20/08/2006, le champignon vient d'éclater la surface du sol, repoussant les mottes de terre. Celle de droite peu donner une échelle de taille pour les photos suivantes. Tel que, il doit avoir environ 3 jours.
En photo 3, le champignon prend de l'ampleur, il a maintenant une dizaine de jours, la couleur encore foncée de ses franges nous indique qu'elles vont encore se gorger et se développer.
En 4, le 03/09, le Sparassis présente une couleur idéale, blanc crème uniforme mêlé d'une pointe de rosé, c'est la période idéale pour le récolter. Le champignon a 18 jours d'existence...
Photo 5, presque 1 mois d'existence, il est trop tard pour le cueillir, le champignon commence à foncer, la couleur n'est plus uniforme, les pointes brunissent et se racornissement, il ne reste plus qu'à le laisser tranquille.
En 6 et 7, un champignon attaqué par d'autres champignons, il commence sa lente dégradation et son odeur plus que passée ne manquera pas d'attirer quelques Coléoptères (photo 8), qui en quelques jours, auront totalement nettoyés la place.
Le jour suivant, la place est propre, plus rien ne laisse imaginer qu'un champignon occupait cet endroit, l'année prochaine, sans doute, ici, un autre Sparassis reviendra. La vie du champignon aura tout de même durée 45 jours.
22/11/2006