Champignon ou moisissure ? non, pas vraiment ! plante? non plus ! animal ? non, mais de par son mode de vie, cet organisme se voit plus étroitement lié aux protistes (synonyme d’eucaryotes unicellulaire, sous-règne animal créé par Haeckel en 1886 pour regrouper tous les êtres unicellulaires.)
Cependant, comme il y a production de spores au stade de la reproduction, il a toujours été classé au sien du règne fongique dans une classe regroupant tous ces congénères : les Myxomycètes.
Leur cycle biologique, à cheval entre règne animal et règne végétal, comprend deux périodes :
- une première (mobile) : le plasmode, structure multinuclée résultant de l’union de cellules simples et animées de mouvements amiboïdes. Ces mouvements provoquent un déplacement sur le support permettant au Myxo de trouver sa nourriture (par phagocytose) composée de levures, spores, moisissures, petits champignons, bactéries.
- une seconde (fixée au substrat) : le plasmode, ayant accumulé suffisamment de réserves pendant ses déplacements de la période mobile, se fixe pour produire des sporocystes qui donneront les spores.
Pour la majorité des Myxomycètes, les " fructifications " sont toutes petites, bien souvent inférieures ou égales au millimètre. Autant dire que pour la majorité des espèces, ils passent inaperçus, sauf à les rechercher muni d'une bonne loupe. Quelques unes, peu nombreuses, plus grandes et bien visibles, appartiennent aux genres Fuligo, Lycogola ou Entiridium.
Enteridium lycoperdon, lui, au premier stade de son développement, se présente en une masse granuleuse (photo 1 et 3 ) puis gélatineuse pour se transformer en un deuxième temps en "sac de papier" (photo 3) rempli d'une masse blanche, molle et gélatineuse. Très vite, ce contenu crémeux s'assèche en une poudre restée blanche, assez compacte, vite brunie à maturation des spores. Cette masse brune devient vite pulvérulente et par déchirement de l'enveloppe se disperse au gré des vents et de la pluie (photo 8)
Il peut même, dans certains cas, prendre l'aspect du papier aluminium refermant cette masse brune et poudreuse, il est alors décrit comme du chocolat dans son papier d' aluminium (photo 7).
Pas si commun - en zone humide - sur bois divers pourrissant : troncs, souches, branches à terre - bien fréquent sur aulnes morts en bordure de rivière ou marécages, mais aussi sur peuplier, hêtre... ce myxo sera à recherche de préférence au printemps juste après les derniers frimas de l'hiver.
- confusions :
- peu de possibilité de se tromper tant les deux phases de développement sont bien caractéristiques.
- synonymes latins :
Reticularia lycoperdon Bull.
Fuligo lycoperdon (Bull.) Schumach.
Mucor lycogalus Bolton
Lycogala punctata Pers.
Lycogala turbinata Pers.
Strongylium fuliginoides (Pers.) Ditmar
Reticularia umbrina Fr.
- et dans quelques autres langues :
(DE) : allemand : Stäublings-Schleimpilz
;
(DK) : danois : Skinnende støvpude
;
(NL) : néerlandais : Zilveren Boomkussen ; Boompuist ;
(NO) : norvégiens : Sotegg ;
(PL) : polonais : Samotek zmienny ;
(SE) : suedois : Sotägg ;
(SK) : slovaque : Sieťnatka obyčajná ;
(CZ) : tchèque : Síťovka pýchavkovitá ; Slizovka ;
Les photos :
- Photo 1, 2 et 3 : 13/04/2008 : stade initial de Enteridium lycoperdon sur tronc d' aulne ;
- Photo 4 et 5: 26/04/2008 : tout début du deuxième stade du myxo, l'extérieur prend un aspect de papier grossier, l'intérieur est banc, mou, de consistance crémeuse ;
- Photo 6 : 09/04/2006 : le myxo a séché et durci, l'intérieur relativement compact à totalement bruni, bientôt la peau va se déchirer .. ;
- Photo 7 : 11/03/2007 : dernier stade avec déchirement de la peau externe du myxo laissant apparaître la poudre brune, spores du "champignon" disséminées au gré des vents et de la pluie ;
- Photo 8 : 30/04/2008 : encore une bonne pluie et tout aura disparu.
13/01/2009